Développement d’une peau humaine reconstruite par génie tissulaire pour la modélisation et l’étude de la NF1

La neurofibromatose de type 1 (NF1) est une maladie caractérisée par le développement de tumeurs cutanées le long des trajets nerveux. Les neurofibromes cutanés sont des tumeurs bénignes, mais ont le potentiel de devenir malignes, à long terme. À ce jour, il n’existe aucun modèle in vitro permettant l’étude de l’apparition et la formation des neurofibromes cutanés. De plus, les mécanismes génétique et pathologique de la maladie et d’apparition des manifestations cutanées dans la NF sont encore largement inconnus. Aucun traitement spécifique n’est disponible pour les patients. Seul les nombreuses complications peuvent être traitées ou contrôlées. L’objectif général du projet de recherche est de modéliser in vitro, par génie tissulaire, le processus de morphogenèse des neurofibromes cutanés. Le développement d’un modèle de peau humaine reconstruite en laboratoire pourrait représenter une source renouvelable de tissu humain. Ce projet aura un donc impact considérable pour la compréhension des mécanismes pathogéniques menant à la formations des neurofibromes cutanés et, ultimement, pour l’identification d’agents thérapeutiques capable de ralentir, de réduire ou encore d’empêcher le développement des neurofibromes cutanés.

 

Le but de ce projet est de modéliser in vitro par génie tissulaire le processus de morphogenèse des neurofibromes.

  • Objectif 1: Créer une banques de cellules des patients NF1 et NF2, qui comprend les cellules de la peau (fibroblastes, kératinocytes) et les cellules extraites de neurofibromes cutanés

  • Objectif 2: Modéliser in vitro la morphogenèse des neurofibromes par génie tissulaire dans une peau reconstruite en laboratoire.

  • Objectif 3: Étudier in vitro l’effets de l’addition de molécules pharmacologique ou d’autres types cellulaires isolés des neurofibromes des patients sur notre modèle.

À ce jour, nous avons réussi à établir une banque de fibroblastes et de kératinocytes isolés de la peau de 14 patients NF1 et NF2. Nous travaillons toujours à l’élaboration et l’optimisation d’un protocole fiable pour l’extraction de cellules de Schwann dérivées des neurofibromes cutanés. Le modèle de peau reconstruite dérivée de patients est déjà bien établi. Nous tentons maintenant de recréer les tumeurs à l’intérieur de notre modèle de peau suite à l’addition des cellules de Schwann, isolées des neurofibromes. Des résultats préliminaires forts intéressant que nous avons observé démontre une forte densification des cellules dans l’équivalent. Est-ce un prélude à la formation de neurofibromes cutanés ou de schwannomes comme ils sont aussi décrits dans la littérature? L’avenir nous le dira, mais on peut d’ores et déjà espérer que ce projet recherche aura un impact considérable sur la compréhension des mécanismes cellulaire et moléculaire impliqué dans le développement de neurofibromes. Ce modèle pourrait également nous permettre de cribler des banques de médicament afin d’identifier de nouvelles piste thérapeutiques afin de réduire, ralentir ou encore empêcher la formation de ces tumeurs cutanés.

 

Notre équipe de recherche exceptionnelle regroupe beaucoup de personnes avec des bagages professionnels et scientifiques variés. La participation de chacun nous permettra d’explorer plus largement la problématique présentée ci-dessus. Notre équipe est constituée d’un neurologue, Dr Nicolas Dupré, d’une neurochirurgienne, Dr Hélène Khuong, d’un neuropathologiste, Dr Peter Gould, d’un chercheur fondamentale, Dr François Gros-Louis détenant une Chaire de recherche du Canada en biomodélisation et traitement des maladies du cerveau, ainsi que son groupe de recherche dédié au projet composé d’une assistante de recherche, Lydia Touzel-Deschênes, et d’un étudiant au doctorat, Vincent Roy. Par ailleurs, le groupe de recherche évolue au sein de la clinique des maladies neuromusculaires et neurogénétique du CHU de Québec à l’Hôpital de Enfants-Jésus. La multidisciplinarité et la synergie entre nous tous contribuent fortement à l’avancement de la recherche.

 

Dr. François Gros-Louis, LOEX-CHUL, Quebec