Neurofibromatosis News Vol. 26, No. 2, été 2005

Progrès dramatiques présentés à la rencontre de 2005 du Consortium de la CTF

(Note de l'ANFQ : Le présent article est tiré du bulletin Neurofibromatosis News, vol. 26, nº 2, été 2005. La version originale anglaise est disponible à l'adresse suivante : http://www.ctf.org/pdf/newsletters/summer05.pdf. Les droits demeurent la propriété exclusive de la Children's Tumor Foundation de New York. Cette dernière nous autorise à faire traduire des articles en français, mais ne se tient aucunement responsable de la qualité de la traduction.)


La rencontre scientifique annuelle du « International Consortium for the Molecular Biology of NF1, NF2 and Schwannomatosis » [consortium international pour la biologie moléculaire de la NF1, de la NF2 et de la schwannomatose] de la Children's Tumor Foundation s'est tenue du 5 au 8 juin 2005, à Aspen, au Colorado. La rencontre a été caractérisée par une gamme impressionnante de progrès réalisés dans les domaines de la science fondamentale et de la recherche clinique, lesquels ont été présentés aux 150 chercheurs et médecins rassemblés de partout dans le monde.

Le Dr Arnold Levine, professeur distingué à l'Institute for Advanced Study, à Princeton, au New Jersey, et à la Robert Wood Johnson School of Medicine, et ancien président de la Rockefeller University à New York, a présenté la conférence plénière. Le Dr Levine a découvert le gène suppresseur de tumeur p53, connu sous le nom de « gardien du génome », lequel est muté dans près de la moitié des cancers chez les humains. Dans les modèles animaux, et peut-être aussi chez les humains, les mutations de p53 augmentent la formation de tumeurs reliées à la NF. Le Dr Levine a parlé de techniques de pointe pour déceler les facteurs génétiques qui influent sur les risques de cancer.

La rencontre avait au programme cinq autres experts invités qui n'avaient pas auparavant contribué directement aux recherches reliées à la NF. Le Dr Benjamin Neel, professeur de médecine à la Harvard Medical School et directeur du Cancer Biology Program au Beth Israel-Deaconess Medical Center, a présenté des données montrant que des mutations dans une molécule de signalisation appelée Shp2, qui agit comme protéine phosphatase, cause le syndrome de Noonan et le syndrome Leopard. Ces troubles d'enfance ressemblent énormément à la NF1, et des travaux en cours à l'aide de modèles animaux indiquent que Shp2 pourrait fonctionner dans la même voie moléculaire que la NF1. Les kinases et phosphatases agissent de manière à ajouter ou à enlever, respectivement, des molécules de phosphate aux protéines cellulaires, et certains des récents traitements les plus efficaces visant les cancers chez les humains ciblent ces protéines.

Plusieurs chercheurs ont présenté de nouvelles données concernant la fonction de la merline, la protéine codée par le gène de la NF2. La merline est reliée à plusieurs autres protéines structurelles dans la cellule, et les cellules qui n'ont pas de merline manifestent une forme anormale et n'arrivent parfois pas à établir des liens normaux avec les cellules voisines.

Cependant, de plus en plus de données indiquent que la merline régule également les voies de signalisation dans les cellules d'une manière quelque peu apparentée au rôle de la NF1. Une protéine de signalisation appelée Rac, qui est liée à Ras, est régulée par la merline, et l'on sait que Rac affecte la migration, la forme et la croissance des cellules.

Le mécanisme exact par lequel la merline affecte Rac fait l'objet de recherches, et il est probable que ces études indiquent des protéines et des voies précises qui seront des cibles pour des interventions thérapeutiques visant la NF2.

La Dre Mia MacCollin, médecin et chercheur à la Harvard Medical School et au Massachusetts General Hospital, a présenté sa récente analyse de la génétique de la schwannomatose, qui indique qu'un ou plusieurs gènes sur le chromosome 22 situés près, mais étant distinct, de celui de la NF2 seraient responsables de ce trouble.

Enfin, le Dr Scott Plotkin, aussi du Massachusetts General Hospital, a présenté les résultats d'une enquête réalisée auprès de patients atteints de NF et de leurs soignants, laquelle suggère que les deux groupes seraient empressés à participer à des essais cliniques, même lorsqu'on tenait compte des fardeaux supplémentaires et de l'incertitude pouvant accompagner ces efforts.

Un sentiment généralisé de grand progrès et d'exaltation régnait à la clôture de la rencontre de cette année. On reconnaissait que des recherches scientifiques fondamentales avaient identifié avec succès une série de cibles moléculaires potentielles offrant la possibilité d'élaborer et de tester des médicaments pour traiter ces maladies, ce qui représente un progrès d'envergure. Bien que l'élaboration et les tests à l'aide de modèles animaux et dans le cadre d'essais cliniques soient des processus longs et difficiles, ces séances scientifiques ont tracé une voie vers l'avant.

Le « International Consortium for the Molecular Biology of NF1, NF2 and Schwannomatosis », parrainé par la Children's Tumor Foundation, a été le catalyseur de plusieurs des découvertes scientifiques fondamentales. Plus de 125 des plus grands scientifiques et chercheurs au monde se sont rassemblés à l'occasion de la 13e conférence annuelle de quatre jours, en juin dernier.