Neurofibromatosis News Vol. 26, No. 1, printemps 2005

Cellules inflammatoires : une cible très prometteuse pour la NF1

Par Cindy Fox Aisen, liaison avec les medias nationaux pour la Indiana University School of Medicine, et Eric Schoch, rédacteur scientifique pour la Indiana University School of Medicine

(Note de l'ANFQ : Le présent article est tiré du bulletin Neurofibromatosis News, vol. 26, nº 1, printemps 2005. La version originale anglaise est disponible à l'adresse suivante : http://www.ctf.org/pdf/newsletters/spring05.pdf. Les droits demeurent la propriété exclusive de la Children's Tumor Foundation de New York. Cette dernière nous autorise à faire traduire des articles en français, mais ne se tient aucunement responsable de la qualité de la traduction.)


Des scientifiques à la Indiana University (IU) School of Medicine se rapprochent de traitements potentiels visant la neurofibromatose.

Des recherches effectuées par D. Wade Clapp, M.D., scientifique à la IU School of Medicine, et ses collègues, David A. Ingram, Jr., M.D., et Feng-Chun Yang, M.D., Ph.D., ont permis de déceler une cible prometteuse pour traiter les symptômes de la neurofibromatose. Les chercheurs espèrent pouvoir entreprendre des essais préliminaires chez les humains d'ici la fin de l'année, et ils expérimentent actuellement des composés de médicaments potentiels.

Le Dr Clapp, professeur de pédiatrie ainsi que de microbiologie et d'immunologie, et coprésident du « NNFF International Consortium for the Molecular Biology of NF1, NF2 and Schwannomatosis » [consortium international de la NNFF pour la biologie moléculaire de la NF1, de la NF2 et de la schwannomatose] de 2005, indique que l'une des cibles de leurs efforts sera les mastocytes, lesquels sont des cellules du système immunitaire qui sont impliquées dans l'asthme et les réactions allergiques. Les mastocytes jouent un rôle dans la neurofibromatose car ils sont aussi impliqués dans la formation de vaisseaux sanguins ? et les tumeurs ont besoin de vaisseaux sanguins pour croître.

« Nous commençons à mieux comprendre les interactions entre les cellules qui mènent au développement de tumeurs, et nous sommes sur le point de répondre à certaines des questions les plus compliquées qui sous-tendent la neurofibromatose », affirme le Dr Clapp.

« Nos travaux pourraient bien s'appliquer à d'autres types de tumeurs, comme les cancers du sein ou de l'ovaire, car les cellules inflammatoires jouent un rôle important dans la formation des tumeurs liées à ces affections malignes », indique le Dr Clapp.

La neurofibromatose résulte de mutations d'un gène appelé NF1. Tout le monde possède deux copies du gène NF1, lequel produit une protéine appelée neurofibromine qui contrôle la division des cellules. Si les deux gènes NF1 sont défectueux, une quantité insuffisante de neurofibromine est produite, la division des cellules s'accélère et des tumeurs se développent.

Pour encourager le développement des vaisseaux sanguins dont ils ont besoin, les tumeurs émettent des signaux chimiques qui font en sorte que les mastocytes se réunissent dans les tissus autour des tumeurs. Les mastocytes créent des substances chimiques appelées facteurs de croissance qui permettent la création de vaisseaux sanguins.

Les chercheurs de la IU identifient présentement des médicaments qui, selon eux, peuvent perturber le fonctionnement des mastocytes et de leurs protéines de manière à priver les tumeurs.

« Il est beaucoup plus facile de développer des cibles contre une cellule non maligne que contre la cellule maligne elle-même », observe le Dr Clapp. Cela s'explique par le fait que les activités biologiques des cellules non malignes sont stables, tandis que les cellules malignes évoluent constamment en raison de l'instabilité génétique souvent associée aux tumeurs.

En utilisant des médicaments qui ciblent la capacité des mastocytes de favoriser la croissance des vaisseaux sanguins, le Dr Clapp et ses collègues espèrent pouvoir empêcher les tumeurs de grossir. Éventuellement, avec des traitements continus, les chercheurs espèrent que les tumeurs se contracteront ou mourront à cause d'un manque de soutien des vaisseaux sanguins. S'ils sont efficaces, les médicaments seraient une bénédiction pour les médecins et leurs patients qui luttent contre une maladie dont la cause génétique est connue depuis longtemps, mais pour laquelle il n'y a eu que peu de traitements possibles.

Cet article a été adapté d'un communiqué de presse publié par la Indiana University.