NNFF Newsletter Vol. 23, No. 1, hiver/printemps, 2002

La recherche sur la NF donne des indices quant à la cause biologique des troubles d'apprentissage et aux thérapies possibles

(Note de l'ANFQ : Le présent article est tiré du bulletin neuro-fibroma-tosis, vol. 23, nº 1, Hiver/Printemps 2002, publié par la National Neurofibromatosis Foundation Inc. (NNFF). La version originale anglaise est accessible à l'adresse suivante : http://www.ctf.org/pdf/newsletters/winterspring02.pdf. Les droits de publication demeurent la propriété exclusive de la NNFF de New York (NY, États-Unis). Cette dernière nous autorise à faire traduire des articles en français, mais ne se tient aucunement responsable de la qualité de la traduction.)


Une équipe de scientifiques dirigée par le Dr Alcino J. Silva du département de neurobiologie de l'University of California in Los Angeles rapporte dans le numéro du 30 janvier de la revue Nature qu'elle a trouvé une thérapie visant les troubles d'apprentissage dans un modèle de souris pour la neurofibromatose de type 1 (NF1).

Ces découvertes constituent une étape importante en vue de l'élaboration d'une thérapie visant les troubles d'apprentissage (TA) souvent liés à la NF1, ainsi qu'au sein de l'ensemble de la population des quelque 30 à 35 millions d'Américains atteints de TA. L'incidence de troubles d'apprentissage est de cinq à six fois plus élevée chez les gens atteints de NF1 que dans l'ensemble de la population.

Auparavant, ces chercheurs avaient rapporté que des souris ayant une mutation de NF1 présentaient des troubles d'apprentissage très similaires à ceux qui sont observés chez les humains. Les scientifiques vérifient l'apprentissage spatial des souris en mesurant la vitesse à laquelle celles-ci apprennent à s'orienter dans un labyrinthe. Or, le Dr Silva, le Dr Rui Costa et leurs collègues indiquent maintenant, à la suite de recherches financées par la National Neurofibromatosis Foundation (NNFF), qu'ils ont découvert les causes des troubles d'apprentissage chez les souris ayant la NF1.

Fait remarquable, les chercheurs ont été capables de corriger les troubles d'apprentissage des souris ayant la NF1 à l'aide d'un médicament…

Ils ont trouvé que les signaux cérébraux inhibiteurs sont exceptionnellement forts chez les souris ayant la NF1. On croit que, lors de l'apprentissage, les signaux cérébraux excitateurs gravent des changements dans la structure cérébrale qui sont nécessaires au fonctionnement de la mémoire. Tout comme les motifs brûlés au laser sur un disque compact sont utilisés par le lecteur CD pour jouer la musique enregistrée, le cerveau utilise les changements structurels faits lors de l'apprentissage pour lire l'information apprise.

« Il est possible que, chez les souris ayant la NF1, et peut-être aussi chez les personnes atteintes de NF1, les signaux excitateurs ne soient pas suffisamment forts pour surmonter l'inhibition anormalement élevée causée par la mutation de NF1 et, par conséquent, de nombreuses données soient simplement perdues avant qu'elles ne puissent être emmagasinées », affirme le Dr Silva.

Fait remarquable, les chercheurs ont été capables de corriger les troubles d'apprentissage des souris ayant la NF1 à l'aide d'un médicament qui diminue la fonction de ras. Le ras est une molécule qui réglerait les niveaux d'inhibition dans le cerveau. Dans le cerveau des souris ayant la NF1, il y a trop d'activité de ras, ce qui entraîne des hausses nuisibles de l'inhibition.

Ainsi, pour traiter les troubles d'apprentissage, les chercheurs ont donné aux souris ayant la NF1 un médicament que l'on appelle communément le FTI pour farnesyl transferase inhibitor (inhibiteur de farnésyl-transférase). Ce médicament diminue l'activité de ras. Des essais cliniques sont actuellement en cours dans le but de vérifier l'efficacité des FTI comme agents antitumoraux. Il est donc possible que les défaillances moléculaires qui causent les tumeurs de NF1 soient également responsables des troubles d'apprentissage. Un jour, on utilisera peut-être un seul médicament pour traiter ces deux différents symptômes de la NF1.

« Nous sommes tous très excités à l'idée de cette découverte, mais il reste beaucoup à faire avant que ces découvertes ne passent à l'étape de la recherche clinique », prévient le Dr Silva. « Mais nous voyons à présent le chemin devant nous plus clairement que jamais auparavant. »

« Tandis que des milliards de dollars sont dépensés sur des programmes d'enseignement spécialisé afin d'améliorer les effets des troubles d'apprentissage éprouvés par des millions d'Américains, comparativement peu de fonds sont consacrés à la découverte de la biologie moléculaire et des processus biochimiques en cause dans les TA », indique M. Peter Bellermann, président de la NNFF. « Le travail du Dr Silva et de ses collègues représente un énorme progrès en vue de comprendre les causes fondamentales des troubles d'apprentissage et la façon dont on pourra les traiter. »